Edition La Découverte: “La crise de la finance globalisée a été lourde de conséquences pour les États des pays développés. Afin d’éviter un effondrement de l’activité, ils ont accepté, à la fin des années 2000, de laisser leurs déficits budgétaires se creuser. Ce faisant, ils ont aussi jeté les germes d’une autre crise, celle des dettes souveraines.

Ce petit livre technique remet les dettes souveraines dans leur contexte, à commencer par leur définition: les comptes d’un état ne s’analyse pas comme ceux d’une entreprise. En effet, l’état dispose de resources et d’un monopole de privilèges qui font qu’il n’est pas dans l’obligation de rembourser ses dettes: il peut continuer de s’endetter pour pouvoir les rembourser, lever l’impôt pour se financer et imprimer sa propre monnaie. En plus de cela, les états ont un rôle contre-cyclique qui permet de gérer l’offre et la demande dans les périodes de crise pour atténuer les effets les plus négatifs.

C’est ce qui s’est passé avec la crise financière de 2008: l’endettement privé a été socialisé afin de maintenir le système bancaire international à flot. Mais peu après, les marchés financiers inquiets de ces dettes (dont ils venaient d’être délestés) ont attaqué leurs sauveurs en faisant mettant en doute leur capacité à financer leurs créances. Mi-spéculation, mi-prédictions auto-réalisatrices, ces attaques sur les états entrainent une hausse du coût de financement des finances publiques. Cela rend le poids de la dette d’autant plus lourd dans le budget des gouvernements et donc entraîne un cercle vicieux que seule la confiance dans la capacité des états à gérer leur dettes pourra casser.

Le monde semble être divisé en deux zones bien différentes: d’un côté, les pays développés ont des déficits qui se creusent et une population vieillissante dont il faudra financer les prestations sociales. De l’autre, les pays en développement ont encore de la marge de manoeuvre au niveau fiscal et budgétaire mais font face à un effondrement de la demande dans les pays développés. Ce livre se concentre sur les cas du Japon, des Etats-Unis et des pays de l’Europe, qui sont les principales cibles des attaques des marchés financiers. Malgré certains points communs, chacun de ces pays fait face à des obstacles et défis bien différents, et ont adoptés des réponses fiscales et budgétaires diverses basées sur des scénarios de croissance plus ou moins réalistes.

Les défis sont réels et les enjeux de taille. Mais avant de crier à la banqueroute, nous devons redéfinir le rôle et les attributs des états. La crise des dettes souveraines ne signifie pas la fin de l’état-nation et ne doit pas conduire à la dictature des marchés financiers, court-termistes, largement ignorants mais terriblement puissants. Cette crise est un défi que les pays évoqués ci-dessus peuvent répondre de manière cohérente, à condition de mettre en place des réformes adéquates et la participation intelligente de leurs sociétés.

About Carlito Riego

"Great perfection may appear imperfect, but its usefulness is inexhaustible. Great abundance may appear empty, but its usefulness cannot be exhausted. Great correctness may appear twisted, great skills appear crude, great eloquence appear awkward. Activity conquers cold; inactivity conquers heat. Clear serenity governs the world." - Lao Zi